FRANCOIS MITTERRAND: L'ELU DU SERPENT ROUGE:. (2)

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FRANCOIS MITTERRAND: L'ELU DU SERPENT ROUGE:. (2)

Message  Admin le Ven 7 Avr - 20:10

En 2004, les éditions Les Belles Lettres publient un roman policier intitulé L’élu du serpent rouge, signé Jean-Paul Bourre. Le personnage principal est « Le Président » - François Mitterrand luttant contre le mal qui le ronge – Autour de lui, des sociétés discrètes mènent une lutte dans les coulisses du pouvoir espérant s’emparer d’un étrange secret.



L’élu du Serpent rouge se divise en 65 chapitres. La première partie se déroule à Paris dans le Ve arrondissement. Lors d’un dîner au siège de l’Ordre de Dieu (Opus Dei), l’abbé Maxent de l’église Saint-Médard présente aux invités de l’archiviste de l’Ordre, l’abbé Gillis, sa dernière découverte de bibliophile : un petit livre de 20 pages intitulé Le serpent rouge (1). Il s’agit d’un historique de la Bièvre. L’archiviste le persuade de le lui vendre pour une modique somme et en échange d’un jeu de photocopies du manuscrit. Ce texte est en fait codé, révélant un mystérieux remède provenant de la vieille cité de Mérowé (2).

Dans L’élu du Serpent Rouge, Jean-Paul Bourre nous entraîne dans les coulisses de l’histoire du règne de François Mitterrand placé sous la protection du Prieuré de Sion. Cette protection ne remonterait elle pas à 1962 lorsque fut révélée l’étrange affaire de Gisors ? Sous la plume de Gérard de Sède, dirigé par le mystérieux Pierre Plantard, les templiers devenaient les gardiens du donjon du château de Gisors et d’un mystérieux trésor. À la fin de ce livre, on pouvait lire l’entretien avec Pierre Plantard. Ce dernier dévoilait une carte de France. Il s’agissait d’une carte hermétique divisée en treize zones symboliques ayant Bourges comme capitale. Cette dernière ville était au centre d’un triangle, dont les trois sommets correspondaient à Gisors, Jarnac, Montrevel.
Il nous faut revenir un instant sur cette étrange affaire de Gisors (3). Elle eu lieu dix ans après la résurgence d’Arginy, où une nouvelle fois certaines forces obscures tentaient d’instrumentaliser le mythe templier. Les portes s’étaient pourtant bel et bien fermées et définitivement en 1911 et la vérification du très parodique Oracle bien des années plus tard devait empêcher toute illusion (4). Toute résurgence ne pouvait provoquer qu’une catastrophe. Arginy – Gisors – Chartres formèrent un autre triangle conduisant quelques années plus tard à une parodie templière servant les seuls intérêts des milieux des services secrets et des maffias, gouvernement occulte d’un Occident à la dérive.
Jarnac, une des pointes du premier Triangle dessiné par l’hermétiste Plantard, fut-il le premier signe annonciateur du rôle de François Mitterrand ? Le général De Gaulle ne le pressentait-il pas ? Lorsqu’on lui présenta en 1965 le dossier Mitterrand, ses liens avec la Cagoule, la francisque et ses amitiés avec l’OAS, le général De Gaulle refusa de l’utiliser sachant que l’homme devait un jour prendre les rênes du pouvoir.
Quelles sont les raisons pour lesquelles Jean-Paul Bourre place François Mitterrand au centre de son roman ? Il s’est inspiré du livre de Nicolas Bonnal, Mitterrand initié (5). Lors de la campagne de 1940, Mitterrand est fait prisonnier à Stenay (6). Il n’a pas été insensible aux mystères de Rennes-le-Château. Quelques jours avant son élection en 1981, il visite ce lieu avec Patrice Pelat. Ce dernier avait été en contact avec l’étrange Pierre Plantard. Plantard envisageait d’écrire un scénario pour un film sur l’affaire Saunière. Il aurait pris contact avec Patrice Pelat (7) dans les années 70 pour financer son projet. Le père de Pierre Plantard avait été un proche de la Cagoule ( , organisation dont fut membre François Mitterrand. Le parcours de Pierre Plantard reste mystérieux. Après la mort de son père, il reçut un soutien financier jusqu’à sa majorité d’un cercle proche de la Cagoule présidée par Geneviève Zaepfell (9).

Mais pourquoi Jean-Paul Bourre désigne t’il Patrice Villard (alias François de Grossouvre) grand maître du Prieuré de Sion ? Membre du Service d'ordre légionnaire dirigé par Joseph Darnand, il rejoignit en 1943 le maquis de la Chartreuse (près de Grenoble) et participa aux combats du Vercors. Il rencontrait Pierre Mendès France qui lui présentait François Mitterrand. Mais ce n’est qu’en 1959 qu’ils devenaient ami lors d’un voyage en Chine. Il rejoignait la Fédération de la Gauche Démocrate Socialiste. Mais derrière ses fonctions officielles, l’homme gravitait dans bien d’autres milieux. Il était sous le nom de code de « Monsieur Leduc » chef du réseau stay-behind « Arc-en-ciel », installé par l'OTAN en France, dans le cadre de l'opération Gladio. Après la prise de pouvoir par François Mitterrand, il restait l’homme de l’ombre pour les questions de sécurité et les dossiers sensibles touchant la politique internationale. Sa nomination comme président du Comité des chasses présidentielles camouflait ses véritables fonctions. Malgré la légende, il n’a jamais été écarté du pouvoir présidentiel. Sa mort reste un mystère (10). Un lien a été tissé avec l’affaire de l’Ordre du Temple Solaire. Le but de notre petite étude ne permettrait pas d’y répondre. Par contre, il nous paraît intéressant de s’interroger sur le lien tissé par Jean-Paul Bourre avec le Prieuré de Sion. Ce dernier a effectivement intéressé certaines officines américaines. Pierre Plantard le déplora. Le marquis Philippe de Cherisey n’a pas été totalement insensible aux sirènes anglo-saxonnes – mais aussi sioniste. Après la mort du marquis, Pierre Plantard tenta de modifier les perspectives des auteurs de L’énigme sacrée et du Message. De la survie d’une dynastie « mérovingienne », nous passions à celle du Christ par une descendance celtique et juive. Après la publication de ces livres et la convocation par le Juge Jean Pierre, Plantard semble avoir cessé tout activité (vers 1992-1993 – l’assassinat de François de Grossouvre date de 1994). Le Prieuré de Sion né en 1956, ébauché par quelques occultistes parisiens durant les années 30 et 40, s’éteignait pour donner naissance à un autre Prieuré de Sion . Patrice Villard, l’homme de Gladio, devenait ainsi le Grand Maître d’un Prieuré de Sion, centre de commandement de tous les ordres néo-templiers d’Europe. Jean-Paul Bourre ne nous donnerait-il pas une indication sur ce qui se passa ensuite … François Mitterrand conscient depuis fort longtemps que les Etats-Unis représentaient après la chute du mur le danger n°1 pour la France et l’Europe engagea une course contre la montre. Nous connaissons la suite tragique. Reconstituer un commandement unique des Ordres néo-templiers, écarter toute mainmise américaine … L’énigme des suicides et massacres liés à l’Ordre TS pourrait être résolue.

À côté de ce Prieuré de Sion (version années 1990 – le « contingent américain », pour reprendre les propos de Pierre Plantard, l’avait détourné pour servir une toute autre cause), Jean-Paul Bourre décrit deux autres organisations. La Loge Louxor – organisation paramaçonnique – dont les travaux hermétiques semblent très proche de l’actuel Memphis Misraïm – Quels sont les contacts de l’auteur avec cette dernière ? – Il est pour l’instant inutile d’y revenir. Mais étrangement, Jean Parvulesco dans son commentaire de L’élu du Serpent Rouge ne dit pas un mot sur l’Ordre de Dieu (L’Opus Dei). Car si François Mitterrand semble être le personnage central de ce roman, l’Ordre de Dieu, gardien de la Papauté, est omniprésent dans celui ci et finalement tire les ficelles avec une très grande justesse. Il semble que ces années Mitterrand furent d’une importance capitale pour l’église catholique. La visite du Pape Jean-Paul II posant à la France la question, « Qu’as tu fais de ton baptême ? », rappelait à celui qui dirigeait qu’il n’était pas à sa place. La question de la restauration monarchique s’est posée en France sous la IIIe République (11) – n’oublions pas le soutien de l’abbé Saunière pour le Comte de Chambord – et sous la Ve République. Or cette restauration ne peut s’accomplir sans le peuple allié à l’Eglise – comme en Espagne où l’Ordre de Dieu joua un rôle fondamental – Reste ce combat dans les coulisses, dont Jean-Paul Bourre nous dévoile quelques pans, visant à l’élection de Benoît XVI. En France, il s’agissait d’écarter un évêque éligible, « l’évêque de Paris ». Un étrange dossier (« Un dossier dangereux pour l’évêque de Paris. ») aurait été le marchandage final entre l’Eglise et François Mitterrand (« … ils feront pression sur l’évêque au moment opportun, pour l’écarter de l’évêché et faire élire un prêtre de l’Ordre de Dieu, avec le Vatican pour objectif … un Pape issu de l’Ordre de Dieu ») permettant à ce dernier de recevoir l’extrême onction. Derrière l’aspect puéril de cet échange, Jean-Paul Bourre nous révèle (rappelons que le livre est sorti avant l’élection du Pape) le rôle de la France comme fille aînée de l’Eglise. Cette République laïque sous la protection de Sainte Jeanne d’Arc, que l’on retrouve aussi dans l’église de Saint Médard.



Jean-Paul Bourre a lui-même qualifié son livre d’anti-Code Da Vinci. Il est aussi une réponse au livre de Nicolas Bonnal, Mitterrand initié. Reste à savoir si Jean-Paul Bourre apporte une réponse aux mystères de Rennes-le-Château. L’affaire de Rennes-le-Château ne commence que lorsque l’évêché de Carcassonne s’intéresse au financement des travaux de l’abbé Saunière. Or ces derniers étaient de deux ordres : restauration de l’église et du presbytère (coût approximatif : 93 000 francs) et construction d’un domaine (coût approximatif : 107 000 francs). Or c’est ce dernier, et non l’église, qui intéressait l’évêché de Carcassonne. La plupart des écrivains se penchent depuis la publication de L’Or de Rennes sur l’église. Or la décoration de cette dernière n’a jamais provoqué le moindre scandale. Le mystère réside dans ce domaine constitué principalement d’une villa bourgeoise (que l’abbé Saunière n’habita jamais). Qui la finança ? Dans quels buts ? L’abbé Saunière avait pris parti pour la cause légitimiste et il recevait donc de l’argent de ce milieu (Dont la mystérieuse Société du Lys – dont fait référence d’une façon codé certains « apocryphes » du Prieuré de Sion – exemple Le Cercle d’Ulysse). Ce domaine devait permettre de recevoir et d’héberger des personnalités importantes, en vue de la restauration de la monarchie. Ce parti monarchiste recevait un soutien important de l’Empire Austro-Hongrois. Mais avec le déclenchement du conflit mondial et le soutien de la Papauté aux forces de l’Entente, l’abbé Saunière va se retrouver isolé mais non sans soutien, lui permettant de résister jusqu’à la fin. Nous sommes bien loin d’un prêtre découvrant un trésor ou un secret. L’affaire de Rennes-le-Château entre dans sa deuxième phase avec Marie Dénardaud, toujours tenu à l’écart des secrètes activités de l’abbé Saunière, et Noël Corbu. Cette dernière le persuade de prendre en viager le domaine et l’histoire du trésor n’est pas pour rien dans la décision prise par Noël Corbu. Ce dernier se lance dans une opération publicitaire pour son hôtel restaurant avec l’aide d’un journaliste, Albert Salomon. La troisième phase de l’affaire est connue : intervention de Pierre Plantard et Philippe de Cherisey, projet d’un manuscrit confié à Gérard de Séde, qui le met en forme.


Notes


(1) Le serpent rouge renvoit au méridien de Paris. Il y a deux méridiennes en France, celle de Saint-Sulpice et celle de Bourges (dans cette ville Saint-Sulpice officia comme évêque). Rappelons nous le premier triangle tracé par Pierre Plantard dans l’annexe du premier livre de Gérard de Sède, Les Templiers sont parmi nous.

(2) La ville de Merowé en Egypte. Elle renvoi à Mérovée, fondateur de la dynastie des Mérovingiens. Les origines de celles-ci restent obscures : juives, germaniques ou égyptiennes.

(3) L’affaire de Gisors garde tout son mystère. Lhomoy fit des fouilles durant l’occupation, puis écrivit une lettre au général de Gaulle en 1947 pour demander de pouvoir les reprendres officiellement (André Astoux, L’oubli, Jean-Claude lattès, 1974, p. 144). André Astoux, Pierre Plantard et André Malraux se rendirent à Gisors. Pierre plantard reçut la mission de poursuivre l’enquête. Après la publication du livre Les Templiers sont parmi nous, de pseudos fouilles officielles furent organisées. Le véritable but était de piéger un ordre néo-templier créé dans la région par les services secrets britanniques.

(4) 1908 reste une date particulière dans l’histoire secrète de l’Europe. Tandis que Spencer Lewis débarquait en Europe espérant déjà répandre son organisation en France, l’Italie voyait apparaître l’ermite détenant l’Oracle. À Paris, la constitution d’une élite fut tenté, sans succès, tandis qu’en Allemagne l’abbé von Lanz espérait restaurer un ordre néo-templier « aryen » sous d’influences bien sombres. À Paris, René Guénon tentait de détruire le pseudo ordre martiniste et rassembler autour d’un Ordre du Temple Rénové les éléments épars d’une élite intellectuelle. Michel Vâlsan aurait récupéré un manuscrit de René Guénon concernant l’Ordre du Temple et l’erreur néo-templière. Il serait ttemps que ce texte (s’il existe réellement) soit publié.
(5) Nicolas Bonnal, Mitterrand le grand initié, Albin Michel, 2001, 2e édition, 237 pp.

(6) La ville de Stenay est le centre du troisième livre de Gérard de Sède intitulé La race fabuleuse. S’il bénéficia une nouvelle (et dernière) fois de documents de Pierre Plantard, ce dernier n’apprécia pas la publication de ce volume arrivant selon lui trop tôt.

(7) La mort de Roger-Patrice Pelat reste une énigme. On parle d’un faux décès pour lui permettre d’échapper à la justice. Il fut désigner par Pierre Plantard comme l’un des grands maîtres du Prieuré de Sion. Information donnant lieu à un article dans Minute et qui vaudra à Pierre Plantard une convocation chez le juge Jean Pierre.

( Lettre de M. *** adressée à l’auteur (15-02-2007). « Le père de Pierre Plantard n’était pas membre de la Cagoule, mais servait de boîte aux lettres à l’organisation. Sa mort reste mystérieuse. »

(9) Occultiste. Elle aurait été la voyante de François de Brinon

(10) Dans son livre Guerres secrètes à l'Élysée, Paul Barril rappelle un certain nombre de faits troublants. : 1/ l'absence d'enquête sérieuse, notamment auprès des personnes présentes ce soir-là à l'Élysée, alors que les allées et venues y sont très contrôlées ; 2/ la disparition de la totalité de ses notes au Président de la République, de nombreuses autres archives et surtout du manuscrit de "souvenirs" dont François de Grossouvre poursuivait la rédaction ; 3/ la disparition d'une collection d'armes qu'il évalue à 14 millions de francs (plus de 2 millions d'euro) ; 4/ les "suicides" en série : Pierre Bérégovoy, le capitaine Guézou.

(11) Les lois constitutionnelles de 1875 visaient à rétablir la Monarchie. Mais le moi de mai 1877 sonna le glas de celle ci. La position intransigeante de Comte de Chambord – qui avait compris le piège (monarchie s’appuyant sur le capital bourgeois) où l’on voulait l’enfermer fit le reste.

* * *

Parmi toutes les lettres que reçu Jean-Paul Bourre, celle de Jean Parvulesco permet de comprendre l’importance attribué au livre L’élu du serpent rouge. Jean Parvulesco publia à son tour un petit fascicule aux éditions DVX en réponse à ce livre. Nous en livrons un résumé de chaque paragraphe.

Dans le premier paragraphe (La loge de Luxor), Jean Parvulesco insiste sur l’importance du livre de Jean-Paul Bourre : « Avant tout, il faudra donc savoir que L’élu du Serpent Rouge n’est pas du tout de la political-fiction, mais un document révélateur, relatant les dessous en profondeur des deux septennats de François Mitterrand, des dessous vertigineux qui, bien au delà de la politique, concernent les dimensions occulte de niveau, d’orientation et d’engagement suprahistorique, « surnaturel », qui ont souterrainement constitué l’interrègne du pouvoir présidentiel de l’ « homme du rocher de Solutré ». Le personnage central, François Mitterrand, le seul dont le nom n’est pas changé, est présenté comme un initié prédestiné à un grand destin. Il est membre d’une Loge de Louxor qualifié « d’organisation supérieure paramaçonnique ». Mais à côté de cette dernière, une seconde organisation supérieure tente de jouer un rôle auprès du Président, par l’intermédiaire de Patrice Villard (François de Grossouvre) le Grand Maître du « Prieuré de Sion ». Jean Parvulesco note l’importance du second rôle de ce livre, Patrice Villard et la question « absolument décisive » (dixit Jean Parvulesco) « Qu’avait donné Patrice Villard en échange ? Quel était l’intérêt du Président, lorsqu’il invita Patrice Villard dans le cercle de ses intimes ». Autre question restant, énigme à laquelle Jean-Paul Bourre n’a pas su répondre (nous n’en sommes pas aussi convaincu que Jean Parvulesco) : les raisons du mystérieux assassinat de Patrice Villard ?

Dans le second paragraphe (La « barque d’Isis », en forêt de Rambouillet), Jean Parvulesco apporte une remarque particulièrement intéressante. En effet, Jean-Paul Bourre fait référence à deux barques (situés dans la forêt de Rambouillet - l’une dans la partie visible aux profanes, la seconde cachée). Il s’agit du travail d’un sculpteur tchèque Karel représentant François Mitterrand nu, en nautonier, à l’avant de la barque solaire d’Isis. Or Jean Parvulesco nous révèle la source de cette inspiration : il s’agit de la « reproduction d’une grande toile bleue de Frédéric Pardo », et ce même sculpteur avait exécuté le portrait officiel de l’élu de 1981. Jean Parvulesco fait ensuite une référence rapide à la brochure Le Serpent Rouge : « en des temps fort antérieurs, d’un temple initiatique d’Isis, le Vert Val, ou la Vallée Verte, au bord de la Bièvre, sur l’emplacement de l’actuelle église Saint Médard ». L’ouvrage va se re-centrer sur la figure de la déesse Isis.

Dans un troisième paragraphe (Mérowé) Jean Parvulesco se penche un peu plus sur ce mystérieux texte engageant les services de l’Elysée à fouiller sous l’église. Mais on apprend que ce texte révèle un rituel hermétique dédié au dieu Seth dont Mitterrand serait un adepte, d’où ses voyages en Egypte sur l’île Elephantine et son intérêt porté à la ville de Mérowé (Le lien Egypte – Mérovingien est tissé et il est dommage que Jean Parvulesco ne se soit pas penché plus précisément sur ce dernier).

Dans un quatrième paragraphe, Jean Parvulesco révèle l’énigmatique Maeva, « égyptologue, directrice d’une publication spécialisée, Ramsès, et arrière petite-fille du mystérieux auteur du Serpent Rouge, … Maîtresse clandestine du Président – et vite, bien plus que cela … ». Elle est la détentrice des secrets du Serpent Rouge.

Dans un cinquième paragraphe (Le pacte dévoyé) Jean Parvulesco comprend les véritables desseins du Président. Si ce dernier « marque » Paris à la demande de la Loge Louxor en échange du secret d’un rituel de guérison, il « dévie » cet axe par un parcours « boréal », « vénusien ».

Dans un sixième paragraphe (« Les dernières paroles ») Jean Parvulesco nous révèle le retournement d’un Mitterrand si secret et dont la véritable personnalité resplendit au moment de l’ultime fin : « Je veux croire à Jésus, le Christ des églises, le Dieu de mon enfance. J’ai décidé de me tenir au seuil de cette porte. Et s’il avait réellement vaincu la mort ? ». Jean Parvulesco n’a pas peur d’écrire alors « Ce retournement constitue un signe inouï, laisse la trace d’un miracle ».

Dans un septième paragraphe (L’apparition d’un autre Serpent Rouge), Jean Parvulesco fait référence au texte Le serpent rouge signé de trois noms, trois personnes décédés le même jour par pendaison (Un des apocryphes du Prieuré de Sion). Mais sur cette question Jean Parvulesco semble connaître un secret qu’il ne veut pas dévoiler.

Dans le dernier paragraphe (Le mystère François Mitterrand reste toujours indéchiffrable), Jean Parvulesco nous livre une première conclusion liant le dessein du Général de Gaulle à celui de François Mitterrand. François de Grossouvre fut « son seul homme de confiance », seul à pouvoir peut-être dévoiler la Présidence clandestine de ce dernier.



* * *



Mais ce livre va provoquer bien d’autres remous. Un mystérieux Cercle d’Ulysse va adresser à de nombreuses revues et personnalités importantes parisiennes une missive annonçant la sortie d’un livre. Nous publions pour la première fois ce texte.

« La sortie du Code Da Vinci a relancé les débats autour de la supposée descendance du Christ et du thème du «Roi perdu» . Il est temps aujourd’hui d’en finir. Nous, membres du Cercle d’Ulysse, avons décidé de publier les conclusions de ses travaux. Nous vous proposons aujourd’hui d’en lire une synthèse avant la publication de notre livre.

Lors de sa convocation auprès du juge Jean-Pierre (enquêtant sur les liens de patrice Pelat avec le Prieuré de Sion), Pierre Plantard finit par craquer : tout ceci n’était qu’un jeu. Mais qui créa les régles échappant à Pierre Plantard dans la deuxième moitié des années 80 ? Philippe de Cherisey, ami de Pierre Plantard, lui proposa cette machination, mais sans en être le créateur. Car derrière ces deux personnages, un marquis comédien et un ancien séminariste mythomane, se cachait une organisation rassemblant plusieurs occultistes travaillant à la chute du Christianisme et au prétendant au trône de France, le Comte de Paris. Nous ne tomberons pas dans les descriptions ridicules d’un Leo Taxil ou dans celles des tenants d’un complot international. Cette organisation rassemblait des européens visant à détourner un certain nombre de mythes liés au Grand Monarque et au Graal. Il ne s’agissait pas d’un plan établi à l’avance mais d’utiliser différents moyens pour arriver à un but: créer le mythe d’un monarque perdu écarté à la fois par des imposteurs voulant régner sur l’Europe et une Église toute puissante voulant cacher un secret qui, dévoilé, la perdrait à jamais. Cette organisation, qui ne porta jamais le moindre nom, rassembla différents cercle, dont le Prieuré de Sion. Elle fonctionnait en cellules, composées de 4 membres. L’un d’eux seulement connaissait une ou deux autres cellules. La direction de l’organisation se composait elle aussi de quatre membres. Elle fut créée en 1930 par trois personnages bien connu du monde de l’occultisme, Jean-Marquès-Rivière, Gabriel Monti et Maurice Magre, et un historien, Jean Jacoby.

Ces quatre hommes se réunissaient fréquemment, mettant en place leur propre cellule. Aucune ne portait de nom. Mais chaque membre de ces cellules devait créer une association – structure externe - visant soit au recrutement, soit à propager certaines idées. Les décès de trois membres dirigeants, l’échec de la Fraternité des Polaires et la guerre mirent fin à cette association. Après la guerre, l’organisation fut réactivée dans les années 50. Les membres directeurs restaient au nombre de quatre. Jean-Marquès-Rivière, réfugié en Espagne, préféra se tenir à l’écart, tout en maintenant une correspondance. Ainsi la personnalité phare devint un certain Georges Soulès, connu sous le nom de plume de Raymond Abellio. Les trois autres personnalités étaient : Pierre Mariel, Robert Ambelain et Robert Amadou. Ainsi nos deux comparses furent de simples membres arrivés bien plus tard. C’est Philippe de Cherisey qui contacta Pierre Plantard. Ce dernier ignorait que son ami appartenait à une cellule. Il le persuada d’utiliser sa «société secrète », le Prieuré de Sion, pour un jeu d’un niveau bien supérieur à «ces complots de concierges». Pierre Plantard accepta de suivre son ami dans cette nouvelle aventure. Il devenait l’homme de paille idéal pour mettre en place un jeu visant à créer un triangle d’or. Philippe de Cherisey était membre d’une cellule regroupant deux autres comédiens et un écrivain. Ce dernier dirigeait la cellule et recevait les ordres d’une autre cellule. C’est donc cet historien qui transmettait ses ordres à Philippe de Cherisey, mais aussi les fameux parchemins de l’abbé Saunière.

Il est intéressant de noter que le but n’était pas d’axer cette affaire sur le seul lieu de Rennes-le-Château, mais sur trois villes : Gisors, Rennes-le-Château et Stenay. Mais il fallait trouver une plume. Ce fut Gérard de Sède qui accepta le jeu. Était il lui-même membre d’une des cellules de l’organisation ? Nous n’avons pas réussi à le savoir, mais la façon dont il se comporta après la rupture avec le Prieuré de Sion nous le laisse supposer. Concernant les parchemins. Gérard de Sède continuera à affirmer jusqu’à la fin qu’il existait d’authentiques parchemins. Cherisey aurait falsifié ces derniers. Or ces parchemins furent donné à Cherisey et ce dernier les présenta plus tard comme étant de son invention. N’oublions pas que de Sède utilisa les mêmes méthodes que Cherisey et Plantard pour l’écriture (nous devrions plutôt parler de réécriture) de L’or de Rennes.
C’est un certain Roger Lhomoy qui moyennant rétribution joua le rôle de celui qui détenait un secret. Mais pour la presse … et non pour Gérard de Sède qui le connaissait bien avant de le prendre dans sa ferme. Pour preuve, Gérard de Sède se contredit dans son livre sur Gisors en utilisant deux dates différentes de leur rencontre. Lisez donc les premières pages de ce livre. Personne n’a encore relevé l’erreur.
Ainsi Pierre Plantard lui apporta un certain nombre de documents. En fait, Philippe de Cherisey et ce dernier synthétisaient des documents que « l ’écrivain » fournissait au premier. Il paraissait maîtriser leur connaissance et Gérard de Sède n’y voyait que du feu. Il n’en demeure pas moins que ce dernier jouait mieux que quiconque le jeu. N’en connaissait-il pas les règles ? Il tentait de dépasser les supposés inventeurs en allant trop loin, introduisant les extra-terrestres (La Race Fabuleuse) ou utilisant des documentations de Pierre Plantard sans cité ses sources (Signé Rose-Croix), engageant ces derniers à un procès sans fin et sans lendemain. D’autres écrivains tombèrent dans le panneau, dont le fameux Jean-Luc Chaumeil. Par vengeance, il dénonça la personnalité de Pierre Plantard, sans jamais être capable de comprendre que cet homme de paille n’était qu’un des multiples morceaux du puzzle.

Ne pouvant totalement contrôler Pierre Plantard, Philippe de Cherisey finit par se brouiller avec lui. À la mort de son ami, Pierre Plantard est totalement isolé. Il se retrouve alors avec un groupe de fidèle à la tête d’un Prieuré de Sion privé de tout contact avec l’organisation. Il est alors contacté par un certain Henry Lincoln (qui avait pris contact avec Philippe de Cherisey) qui se rend très vite compte de son isolement. Il va le manipuler en vue de rédiger des best-sellers, dans un but purement financier. L’organisation discrédite alors Pierre Plantard. Il invite les auteurs du Message à détruire l’image de Pierre Plantard en dirigeant le juge Jean-Pierre, dans son enquête sur Patrice Pelat, sur sa personne. Après une perquisition et une garde à vue, Pierre Plantard est interrogé par le juge Jean Pierre qui se rend vite compte que ce dernier est mentalement destabilisé. Il s’isolera totalement, ne recevant plus personnes chez lui et participant de moins en moins aux réunions du groupusculaire Prieuré de Sion. En 1998, nous réussissons à prendre contact avec lui. Certains documents qu’ils nous apportent nous permettent de comprendre certains éléments de l’affaire. Il accepte de partir à Barcelone rencontrer des membres du Cercle et remettre un carton d’archives. Il meurt deux ans plus tard. Sur nos conseils, la famille n’annonce sa mort que quelques mois plus tard.

Un contre-feu fut allumé au début des années 80 par une autre organisation mis en place pour contre carrer les agissements de mouvements anti-chrétiens et anti-français. Ainsi le fameux R.P. Martin fut-il recruté pour mettre en place la légende des 45, les fidèles des fidèles du général De Gaulle, garde noire appelée à intervenir pour rétablir l’héritage menacé par des politiciens avides de pouvoirs et non de devoirs. Qu’en est-il de ces 45. Une invention d’un auteur mythomane, qui reçoit des documents lui permettant de rédiger ses livres. Il n’en demeure pas moins que de nombreux «45 » s’infiltrèrent dans des mouvements néo-templiers comme conseillers occultes réussissant par exemple à corriger l’Ordre du Temple Rénové obligeant l’A.M.O.R.C. à l’abandonner. Ces agents « 45 » sont toujours en activité. Ils ont d’ailleurs joué un rôle dans les années 1994-1995. Ces années carrefours pour la France, où les américains lancèrent une vaste offensive en Europe, au Canada et en Afrique et dont la déstabilisation de notre pays était le principal objectif. L’ explication de la passation de pouvoirs de François Mitterrand à Jacques Chirac se trouve dans ces évènements cachés encore au grand public. Balladur représentait un danger réel, risquant de ranger la France définitivement dans le camp américain. Sarkozy, soutenu par Charles Pasqua, représente aujourd’hui le même danger.
Jean Robin fut contacté par le R.P. Martin qui le lança dans cette guerre ouverte contre le Prieuré de Sion. Il engagea une véritable stratégie de désintoxication neutralisant un temps l’offensive de l’organisation.

* * *

Mais quelles ont été exactement les répercussions de ces publications ? L’organisation va réussir à s’approcher du pouvoir par l’intermédiaire de André Malraux. Il a la confiance totale du Général de Gaulle qui va ainsi se retrouver intoxiqué par de faux documents démontrant que le Comte de Paris avait joué la carte de Vichy en 1942 au profit des américains (Opération Orliac). Ce dernier serait resté un de ses agents pour privilégier la restauration de la Monarchie. Par contre si la propagande anti-papiste a réussi, c’est en grande partie grâce au dérapage de Pierre Plantard, qui permis à l’organisation de reprendre contact avec Henry Lincoln à la mort de Philippe de Cherisey. Enfin ce sont la plupart des organisations templières, inféodés aux services de renseignements américains qui vont être intoxiqués par une propagande visant à les tenir à l’écart de l’église (à l’exception de l’O.T.R. qui finira par tomber dans le giron de l’église à la grande déception de Raymond Bernard. L’ordre sera rétabli après l’assassinat de Julien Origas par le nouveau grand maître, Luc Jouret). Dan Brown fut contacté par l’organisation pour lui proposer de synthétiser et romancer les travaux des auteurs de L’énigme sacrée et du Message. Ce dernier hésita avant de se lancer à son tour dans cette aventure. Reste qu’il est particulièrement protégé par la justice cette dernière refusant de le condamner pour plagiat.

Qui dirige actuellement l’organisation ? Nous avons les différents noms de ceux qui se sont succédés depuis 1930 :

1 De 1930 à 1938 : Jean Marquès-Rivière, Maurice Magre, Gabriel Monti et Jean Jacoby. En 1939, Jean Marquès-Rivière dissout l’organisation. Durant la guerre, il collabore au sein d’un service anti-maçonnique en contact direct avec le SD. Après la guerre, il se réfugie en Espagne où il fait une carrière d’universitaire tout en poursuivant la publication de livres.
2 L’organisation est remise en selle vers 1953 par Georges Souliès (Raymond Abellio) avec Robert Amadou, Pierre Mariel et Robert Ambelain.
3 Raymond Abellio quitte l’organisation en 1965. Il est remplacé par un membre de l’A.M.O.R.C. Cette dernière organisation va prendre la tête de l’organisation avec la bénédiction des services de renseignements américains. Depuis les évènements tragiques de 1994-1995, l’organisation est mise en sommeil. Mais pour combien de temps ?

Parallèlement, le Prieuré de Sion de Pierre Plantard survit par l’intermédiaire d’un certain Gino Sandri. Membre de Force Ouvrière. Il vient de donner un entretien complètement délirant qui finira peut-être par discréditer définitivement le Prieuré de Sion.


Le président François Mitterrand fut préoccupé durant ses deux septennats par les Etats-Unis, ennemi économique et culturel visant la domination mondiale. Il mis en place des structures visant à combattre leur influence. Ainsi François de Grossouvre fut placé à la tête d’un Prieuré de Sion bis pour fédérer les différents mouvements néo-templiers et écarter toute influence américaine. Le conflit devint particulièrement critique avec la liquidation de l’Ordre du Temple Solaire, simple étape dans une guerre sans merci. Jean-Luc Chaumeil tenta sans succès de dévoiler certaines arcanes de ce massacre programmé. Mais il fut vite écarté du procès Tabachnik et son livre rapidement interdit de vente. Dans son livre L’élu du serpent rouge, Jean-Paul Bourre réussit à démontrer le rôle de certaines sociétés discrètes et la guerre livrée dans les coulisses du pouvoir durant les deux septennats. Mais la presse préféra garder le silence.

Reste aujourd’hui ce succès mondial du Code da Vinci, des centaines d’articles et publications visant à discréditer l’église catholique ».



* * *

La publication de L’élu du serpent rouge donna lieu à la publication d’articles dans des bulletins confidentiels ou publications liées à des organisations néo-templières. L’une d’elles a retenu notre attention. Elle fut publiée dans « L’Oriflamme de l’Ordre du Serpent », n) 53, décembre 2007. En voici le texte.



J’ai eu l’occasion de rencontrer Pierre Plantard en 1996 dans un immeuble dont l’entrée était ornée d’un serpent, non pas rouge mais noir. Un ami, J. L. P. m’avait convié à un dîner. Il savait que je m’intéressais à l’affaire de Rennes-le-Château. Il y avait plusieurs invités, dont M. Pierre Plantard. L’homme était particulièrement courtois, mais parlait peu. À la fin du dîner, mon ami me convia à passer dans son bureau avec M. Pierre Plantard. Il souhaitait nous montrer ses dernières acquisitions de livres. Parmi ceux-ci, il y avait un ouvrage sans titre, dont la couverture était ornée d’un magnifique serpent rouge. Pierre Plantard connaissait ce livre. Il lui dit : « J’ai personnellement vu un de ses exemplaires chez un ami, M. (…). Il a été tiré à très peu d’exemplaires.». Il prit le livre des mains de notre convive. Il l’ouvrit aux premières pages. « Voyez-vous un exemplaire de ce livre fut entre les mains de l’abbé Boudet. Il lui fut utile pour la rédaction d’un texte intitulé Le Serpent Rouge ». Notre convive avait un petit salon derrière sa bibliothèque. Il nous y invita. M. Pierre Plantard n’avait alors plus aucun rôle au sein du Prieuré de Sion. Je n’osais pas lui poser à ce sujet la moindre question. Il nous parla de ce texte. Une société secrète du XVIe siècle y avait conservé des secrets remontant à la plus haute Antiquité. Des prêtres de la cité de Mérowé avaient conservé un savoir particulier permettant à celui qui le comprenait d’accéder à l’immortalité. Je lui demandais comment ce texte avait pu arriver en Occident. Il me répondit qu’ « il fut récupéré par un libraire de Lyon qui avait racheté à un trafiquant de momies égyptiennes une série d’anciens papyrus. Parmi ceux-ci, il y avait ce fameux texte ». Faisant partie d’une confrérie d’alchimistes, il fut conservé et étudié. Il donna lieu un siècle plus tard à une série de copies, reliées toutes de la même façon : reliure noire avec un serpent rouge dessiné sur la couverture. Le texte fait référence à une sorte d’élixir. Je me risquais une question : « L’abbé Boudet s’intéressait-il à l’alchimie et à l’Egypte ? » « L’abbé Boudet étudia de très près l’alchimie », me répondit-il. Je lui faisais part de mon étonnement. Il sourit d’une façon énigmatique et ne me répondit pas. Je rétorquais : « La bibliothèque de l’abbé Boudet n’est pas connue ». Pierre Plantard répondit connaitre la liste et quelques livres rescapés des ventes. L’abbé Boudet avait constitué une très importante bibliothèque alchimique en se fournissant dans une librairie de Toulouse et deux librairies de Lyon. Une partie de ces livres furent vendus à un vieil érudit qui, à sa mort en 1913, les légua à la bibliothèque d’Orléans spécialisée sur ce sujet. Coïncidence, c’est là que Gabriel Monti fit de nombreuses recherches. Notre ami nous conviait à passer dans le salon où le café venait d’être servi. La conversation fut ennuyeuse. Pierre Plantard se leva pour s’excuser auprès de nous. Il devait nous quitter. Je ne devais jamais plus le revoir. Mon ami me permit de feuilleter l’ouvrage. Il était consacré à la Bièvre. Je m’étonnais qu’un tel sujet puisse intéresser les prêtres de Mérowé. Mon ami me répondit que le texte avait été réécrit et codé par ce mystérieux cercle d’alchimistes de Lyon. Quelques jours plus tard, j’apprenais le décès de J. L. P. dans un accident de voiture. Il me fut impossible de récupérer ce livre. J.L.P. avait un fils unique qui liquida rapidement meubles et livres. Ces derniers furent vendus à un libraire du Ve arrondissement, spécialisé dans l’occultisme. Un courtier l’acheta au profit du libraire du Graal. Il fut à son tour vendu à l’un de ses clients. Le libraire ne pouvait me dire son nom. Je perdais toute trace de ce livre. Je tentais d’en retrouver un exemplaire, faisant toutes les bibliothèques et espérant le trouver chez mes fournisseurs bouquinistes.
Quelques années plus tard, je découvrais à la devanture d’une librairie du 7e arrondissement, un livre orné d’un serpent rouge sur fond noir, portant le titre de L’élu du serpent rouge. Il était signé d’un certain Jean-Paul Bourre. Le texte décrit par l’auteur ressemblait à celui que j’avais feuilleté chez mon ami lors de cette fameuse soirée. Je dévorais le livre en une nuit. Le lendemain, je retournais voir le libraire qui me confia que l’auteur devait venir signer le livre le dimanche suivant. Jean-Paul Bourre accepta de me dévoiler que son roman autour de la maladie du président Mitterrand avait été écrit à partir de documents que lui avait confié un mystérieux cercle « Mérovée ». Il ne pouvait m’en dire plus. Il m’indiqua une personne à l’extérieur qui discutait avec un autre homme. Je sortais de la librairie. L’homme désigné par l’auteur avait la cinquantaine. Il portait un costume sombre et un anneau. Il me semblait distinguer un ouroboros orné d’une améthyste. Il discutait avec un étrange personnage, très grand, au crâne complètement rasé. Il portait un immense manteau. Je les entendais parler de Jean Cocteau et d’une église de la région parisienne. Me voyant, l’homme s’excusa auprès de son interlocuteur et me salua. Je me présentais à mon tour et je lui déclarais souhaiter discuter avec lui du roman de Jean-Paul Bourre. Nous nous dirigeâmes au café situé à côté de la librairie. L’homme fut appelé par un personnage étrange, assez grossier. Il s’excusa un instant. Il s’approcha de cet homme, accompagné d’une femme et d’un jeune homme. Je l’entendis le saluer du nom d’un général de la Révolution. L’homme revint vers moi et m’invita à une table. Il me demanda qui j’étais et ce que je voulais savoir. Je lui expliquais rapidement que mes seules intentions étaient de retrouver ce mystérieux Serpent rouge. Je lui racontais rapidement mon histoire. Il semblait perplexe. Il me dit ne pas pouvoir faire grand-chose, lui-même ne possédait pas ce manuscrit. Il détourna la conversation vers l’affaire de Rennes-le-Château me demandant ce que j’en pensais. Je lui répondais ne pas y croire. Pour moi, il s’agissait d’un piège tendu par le Prieuré de Sion. Il me répondit que son cercle travaillait sur cette question depuis dix ans et qu’il était arrivé à la même conclusion, sauf que selon lui, le Prieuré de Sion n’avait jamais existé. L’association de 1956 était un leurre et Pierre Plantard un homme de paille. Je lui posais à mon tour quelques questions sur les liens entre Mitterrand et cette affaire. Il ne pouvait m’en dire plus que ce que Jean-Paul Bourre avait écrit. D’autres révélations viendraient plus tard. Deux jeunes gens s’approchèrent alors de notre table. Ils lui dirent qu’il était temps de partir. Il prit congé de moi sans me donner la moindre information ni lien pour le joindre.

Je reprenais donc la lecture du livre de Jean-Paul Bourre bien décidé à y trouver des indices. J’avais laissé à l’auteur mon numéro de téléphone. En vain. Le livre de Jean-Paul Bourre est un roman policier. Je crois savoir que dans l’œuvre de ce dernier c’est le seul. Nous avons vu précédemment que L’élu du Serpent rouge commence à Paris dans le quartier Mouffetard . Etrange, car c’est dans ce même quartier que je fis la connaissance de Pierre Plantard et du Serpent Rouge. Tout en lisant je prenais des notes, déterminé à poser des questions à Jean-Paul Bourre. Le chiffre trois revenait souvent. Il y avait trois personnages principaux, représentants chacun une organisation, autour de François Mitterrand : Patrice Villard, grand maître du Prieuré de Sion (alias François de Grossouvre), André Gillis, L’archiviste de l’Ordre de Dieu (alias l’Opus Dei) et Talbot (Un nom pour deux médecins : Gubler et Tarot), médecin du monarque et éminence de la Loge Louxor (Memphis-Misraïm ?). Ces trois organisations s’opposent sur la France (dont le Prieuré de Sion de Patrice Villard est le gardien), l’Eglise (La garde noire de cette dernière est l’Ordre de Dieu) et l’élixir rouge (dont la Loge Louxor recherche le secret). Le personnage de François Mitterrand n’est-il qu’un prétexte pour décrire cette lutte dans les coulisses ou bien fut-il un des personnages clés de l’énigme de Rennes-le-Château qui n’est pas qu’un décor dans l’étrange livre de Jean-Paul Bourre ?


Le Serpent Rouge est un des textes les plus connus des fameux « apocryphes » du Prieuré de Sion, mais n’a jamais donné lieu à une véritable étude. Jean-Paul Bourre a su l’exploiter pour son livre L’élu du Serpent Rouge. Dans sa brochure, Jean Parvulesco reste très évasif sur ce texte en ne reproduisant qu’un extrait de Le retour des grands temps. Mais il nous fait une réflexion concernant une de ses expériences liée aux trois adresses indiquées sur le document. Sur un forum, nous avons découvert les recherches d’un internaute concernant ces adresses des « auteurs » de ce texte renvoyant à un mystérieux triangle (le deuxième tracé par Pierre Plantard : Gisors / Rennes-le-Château / Stenay). Mais une nouvelle fois c’est à Pierre Plantard qu’il renvoi et à personne d’autre. Ce dernier était le personnage central du décor qu’il mit en place, détournant l’authentique Serpent rouge dont il détenait une copie. Jean-Paul Bourre décrit cet opuscule : « Le Serpent rouge – Notes archéologiques et historiques de la Bièvre. Reliure. 20 pp. 1922. Sans auteur. ». Auparavant il donnait une autre date : 1832. Y a-t’il eut des copies partielles du document au XIXe et au XXe siècle ? Qui sont les auteurs de ces copies ? Jean-Paul Bourre ne nous le précise pas. Mais il nous donne d’autres renseignements : « Jean Roux, l’expert en ésotérisme, n’eut même pas à feuilleter la brochure du père Maxent. Le titre, une certaine typographie, et le serpent à deux têtes, imprimé dans l’épaisseur de la couverture, jusqu’à former un relief, tout attestait l’authenticité du document ». Je comprenais à la lecture de ces différentes indications que ce texte ne correspondait pas au livre que j’avais personnellement découvert chez J.L.P. Le serpent n’avait qu’une tête – comme sur la couverture de L’élu du Serpent Rouge. Mais ici l’auteur doit renvoyer à la fois au méridien O et à la Bièvre - et l’ouvrage faisait près de cent pages. Il s’agissait donc d’un extrait recentré sur la Bièvre. En effet, j’avais noté le sommaire du livre. Il se composait de neuf chapitres dont l’un consacré à la Bièvre et au val vert. Jean-Paul Bourre donne la description de certaines gravures. En lisant ce livre je m’attendais à une énigme autour de cette dernière. Or au contraire, elles disparaissent du roman. Pourquoi ? Jean-Paul Bourre nous laisse t’il un simple message à décoder ou bien d’autres évènements du livre sont ils liés à ces dernières ? Si l’on parcourt le livre, on découvre des extraits de l’opuscule : « La première partie du Serpent rouge révélait quelques-uns des mystères archéologiques de Saint-Médard, comme la découverte de sépultures mérovingiennes, sous les fondations de la première église, une simple chapelle appartenant à l’abbaye de Sainte-Geneviève, construite au bord de la Bièvre sur le passage de la voie romaine qui menait de Lutèce à Lyon.
L’une des illustrations montrait des colonnes brisées et une rivière en crue – sans doute l’un des débordements de la Bièvre, comme ce jour de la Saint-Marcel 1720, où l’eau monta jusqu’aux marches de l’autel, noyant trente deux personnes ».
Un peu plus loin, l’auteur nous rappelle les cinq pendus huguenots devant le portail de l’église, mis à mort sur ordre de Catherine de Médicis. Un nouveau sacrifice pour un lieu où se situait, il y a des siècles, un temple à l’emplacement de la vieille chapelle. Un temple dédié à quel divinité ? Ces morts seraient-ils liés à un sacrifice à cette divinité ? La mort étrange du prêtre de Saint-Médard pourrait le faire penser : « L’abbé resta une seconde figé, immobile, essayant de comprendre, pendant qu’une main empoignait ses cheveux, avec la précision d’un preneur de scalp. La lame du couteau brilla très vite sous ses yeux, et se planta dans sa gorge, aussi facilement que dans la gorge d’un mouton. Un coup sec du poignet et la lame remonta vers le haut, ouvrant la plaie jusqu’à l’oreille ».
Il me fallait en avoir plus. Je savais que Jean-Paul Bourre faisait une émission tous les jeudi dans la soirée sur Ici & Maintenant. Il me fallait lui laisser au moins un message sur le site de cette dernière. Rien n’y fit. L’homme semblait insaisissable. Mais j’eus la chance de le rencontrer à l’église Saint-Sulpice. Il était accompagné d’un journaliste de musique rock. J’osais m’approcher. Jean-Paul Bourre me dévisagea un instant puis me demanda ce que je voulais. Je lui disais avoir été impressionné par son livre L’élu du Serpent Rouge. Il se rappelait
m’avoir vu lors de sa dédicace dans le 7e arrondissement. L’autre journaliste rétorqua : « Quelle coïncidence, je m’entretiens avec lui de ce livre pour un article dans un mensuel consacré à la musique Rock. ». Il se tourna vers Jean-Paul : « Je tiens à garder l’exclusivité. » - étrangement l’entretien ne paraîtra jamais. Jean-Paul Bourre griffonna rapidement un numéro de portable : « Vous pouvez m’appelez moi dans un mois je dois partir en Auvergne ce soir ». Ils sortirent tous les deux rapidement, me laissant seul. J’étais quelque peu dépité, mais j’avais enfin un numéro où le joindre. C’est seulement deux mois plus tard qu’il m’invita chez sa femme. Il y avait un de ses amis libraire, spécialisé sur les questions touchant à l’occultisme et à l’ésotérisme. Ce dernier avait apporté un thé rouge, le fameux thé aux feuilles d’Ibiscus tant prisé par le Président mourrant et ingrédient important dans le fameux « élixir rouge » du Serpent de Mérowé. « Vous êtes journaliste ? » me demanda-t’il. Je répondais négativement « Je suis un simple chercheur, en quête de vérité. Cette affaire de Rennes-le-Château me passionne et plus particulièrement cette histoire autour du manuscrit Le serpent rouge ». Il me répondit en souriant : « Tout dépend de quel serpent rouge ». « Et bien je dois vous avouer avoir eut entre les mains le fameux serpent rouge ni celui du Prieuré de Sion ni celui de Jean-Paul Bourre mais un livre orné d’un serpent à deux têtes, œuvre d’un groupe d’alchimistes lyonnais. Ces derniers auraient possédé l’authentique manuscrit de guérison de médecins égyptien de Merowé. Vous vous doutez de mon étonnement en lisant votre livre M. Jean-Paul Bourre ». Je me tournais alors vers lui. Jean-Paul Bourre me confia que son enquête pour l’écriture de ce livre dura un an. Il bénéficia des travaux d’un cercle intitulé « Mérovée ». Les membres de ce dernier lui fournirent des documents autour de ce texte Le serpent rouge. Mais souhaitant rester indépendant, il finit par s’écarter d’eux. Cela provoqua quelques difficultés et il semble que ce groupe tenta de freiner la sortie de ce livre. Je lui répondais avoir rencontré l’un de ses membres lors de sa dédicace. Jean-Paul Bourre me répondit qu’il y eut réconciliation. Il insista qu’il était le seul auteur de ce livre. Le libraire intervint : « Je peux en témoigner puisque j’ai eu la chance de suivre son travail. Je lui procurais personnellement tout ce qui se rapportait à Rennes-le-Château ». Je lui demandais s’il avait trouvé quelque chose sur ce sujet. Il me répondit que cette affaire n’était qu’un leurre. Pierre Plantard avait tenté de faire passer un message à travers ce décor de ce village et l’étrange abbé Saunière. Mais cette affaire du « trésor » dépassa complètement Pierre Plantard. Ce dernier cherchait à emmener certaines personnes sur un circuit comportant plusieurs carrefours. Rennes-le-Château en était un. Mais il s’agissait d’un simple carrefour. André l'Homme de Tautavel à réussit à en sortir en se dirigeant vers Lyon malgré les attaques intolérables qu’il subit des « rentiers » de Rennes-le-Château. Je me permettais d’intervenir au sujet de Gérard de Sède. Ce dernier me répondit sèchement que cet auteur ne représentait à ces yeux pas grand-chose. « Il n’avait fait que suivre les injonctions de Plantard et les calques de Cherisey, dans un but purement financier. Il a cherché jusqu’à la fin de sa vie à s’en dépêtrer mais il ne restera connu que pour ses deux livres Les templiers sont parmi nous et L’or de Rennes. Ces deux livres ont permis à Pierre Plantard de se faire connaître. Sans de Sède, le Da Vinci Code n’existerait pas. Pierre Plantard non plus d’ailleurs. Et quant à nous, nous ne nous serions pas rencontrés. »
« Ainsi pour vous il ne fait pas de doute que l’on ne trouvera rien à Rennes-le-Château ».
« L’abbé Saunière n’a jamais trouvé de trésor. Il n’a jamais codé quoi que ce soit dans la décoration de l’église. Après sa mort, si cela avait été le cas, l’Eglise aurait fait modifier tous les éléments gênants. L’abbé Saunière n’a jamais peint le chemin de croix. Les couleurs actuelles ne correspondent d’ailleurs pas à celle de l’époque de l’abbé Saunière car il y a eu une restauration. Ce chemin de croix est d’ailleurs un modèle standard présenté par le peintre statuaire Giscard à l’abbé Saunière. Il faut comme même être sacrément stupide pour s’imaginer que la présence de croix et de roses à l’extérieur de l’église doit renvoyer aux Rose-Croix ; mieux, la présence d’un « échiquier » dans l’église ferait de cette dernière un temple maçonnique. C’est ridicule !» Il s’arrêta un instant pour boire un peu de thé. Il reprit : « Prenez le diable dans l’église, tout le monde veut y voir la figure d’Asmodée, le démon gardien des trésors. Si vous connaissez bien la biographie de l’abbé Saunière, vous devez savoir que ce dernier a lors d’un prêche pris position lors des élections législatives de 1885. Or lors du prêche du dimanche du second tour, il a comparé l’église au diable qui serait vaincu par la prière. Voyez le diable dans l’église qui plie genou sous cette phrase : « par ce signe tu le vaincras ». L’abbé Saunière est resté un bon prêtre et un légitimiste. Il n’a jamais abandonné cette lutte. Je rétorquais qu’il me paraissait étrange qu’une telle affaire dure tant d’années. Jean-Paul Bourre me répondit qu’il y avait plusieurs raisons. Tout d’abord le succès populaire des livres de de Sède qui d’ailleurs a toujours bénéficié du soutien de la presse régionale. C’est d’ailleurs cette dernière qui fut à l’origine de l’engouement populaire pour le site de Rennes-le-Château. C’est à cette période que Plantard prend connaissance de ce lieu, le visite fait son enquête et rédige un premier jet de l’histoire revue et corrigé du prêtre Saunière. En fait, il réécrit l’histoire de Gisors en la calquant sur le site de Rennes-le-Château. Il a trouvé le refuge de ses soit disants ancêtres mérovingiens. Ensuite il dirige de Sède vers Stenay. Mais ce dernier est fatigué des histoires rocambolesques du Prieuré de Sion. Il « n’obéit plus » aux conseils de Pierre Plantard. La dispute est consommée et Plantard finira par trouver un nouvel écrivain en la personne de Jean-Luc Chaumeil. Ce dernier quelques années plus tard trouvera le pot aux roses. J’étais fort surpris. Aucune des deux personnes ne croyait un mot de toute cette affaire. Ainsi nous avions affaire à une escroquerie. Le libraire intervint : « Ne croyez pas cela, si Plantard est un mythomane et Cherisey un farceur, ils sont réellement tombés à Rennes-le-Château sur une affaire mais sans la comprendre. Il s’agit du financement du domaine de Marie Dénardaud et non pas de la restauration et la décoration de l’église. Cette dernière ne cache aucun secret. Par contre à la mort de l’abbé Saunière, l’évêché se rend compte que l’abbé Saunière ne possède rien et que sa servante possède le fameux domaine. 110 000 francs de l’époque ont été utilisés pour construire celui-ci. D’où vient l’argent et quelles sont les raisons de cette construction ? Une nouvelle fois il s’interrompit. Puis repris : « Le domaine fut édifié avec des fonds politiques, royalistes provenant d’une organisation secrète : le cercle du Lys. Le domaine devait servir de refuge au futur monarque qui devait un jour reprendre Paris. Pour cela un parcours avait été prévu et ce futur monarque devait passer par Rennes-le-Château ». Il fallait ne pas éveiller les soupçons et donc mettre le nom d’une famille fidèle à la foi catholique et aux principes de la Monarchie. « L’abbé Saunière n’a jamais habité le domaine. Il a toujours vécu au presbytère là où était sa place. » Tout ceci ne renvoyait il pas au Grand Monarque, aux interprétations suspicieuses des quatrains de Nostradamus et à la prophétie d’Orval monastère situé non loin de Stenay ? À ces questions Bernard Jacques me répondi qu’il était évident que les monarchistes étaient depuis longtemps contaminés par ces fumisteries occultistes si bien réutilisées par l’ancien séminariste Pierre Plantard – d’ailleurs de nombreux royalistes français sont des lecteurs assidus des livres Le Message et L’Enigme Sacrée. Les américains tentent d’instrumentaliser à leur tour le mythe du Grand Monarque. - Et Mitterrand dans tout cela ? Jean-Paul Bourre intervint à son tour : « Il fut le dernier des Mérovingiens. L’ancien membre du SAC Plantard su devenir un temps un membre de la cour du Président. Mais pas directement. Pierre Plantard était un être fantasque qui vivait ce qu’il rêvait. Il a pris contact avec Patrice Pelat. Quelques années plus tard, il en fit le Grand Maître du Prieuré de Sion, ce qui entraina sa déchéance. Il n’en demeure pas moins que c’est lui qui persuada Mitterrand de se rendre à Rennes-le-Château par une lettre envoyée à l’un des conseillers du Président. Or ce dernier s’est pris au jeu. Il a été passionné par cette affaire et il a discrètement fait enquêter sur ce sujet. Il existe un rapport, mais il est impossible de se le procurer. Les deux statues du nautonier situées dans la forêt de Saint Germain restent une énigme. Jack Lang souhaitait que ce cadeau au Président reste à l’Elysée. Mais François Mitterrand choisit la forêt des chasses présidentielles. Le nautonier, haut grade du Prieuré de Sion, apparaît dans Le Serpent rouge …

Lors d’une première émission consacrée à Rennes-le-Château, Jean-Paul Bourre avait convié trois invités. Jean-Luc Chaumeil écrivain, ancien membre du Prieuré de Sion et ex-expert auprès du juge Fontaine pour le procès intenté contre Michel Tabachnik. Deux autres invités étaient présentés comme des membres d’un cercle Mérovée, Lucas de Yestrillas et Jacques Robert. Ce cercle représentait un « Ordre » basé à Barcelone et étudiait depuis plus de dix ans l’affaire de Rennes-le-Château. Un an plus tard, lors d’une émission où Massimo Introvigne s’entretenait avec Bernard Jacques, le libraire que j’avais connu chez Jean Paul Bourre, il fut révélé que le Cercle Mérovée avait purement et simplement été inventé. Il n’en est rien. J’ai retrouvé la trace de ce cercle qui fut fondé à Paris – coïncidence avec ma rencontre avec Pierre Plantard – en 1996. Or ce cercle avait été mis en place par un Ordre basé à Barcelone qui protégeait Pierre Plantard depuis sa convocation chez le juge Jean Pierre. C’est dans cette même ville qu’une autre organisation a financé Dan Brown pour écrire le Code Da Vinci. Elle est d’ailleurs citée par Jean-Luc Chaumeil dans son dernier livre. J’ai appris que ce cercle Mérovée, derrière son but apparent d’étudier l’affaire de Rennes-le-Château, visait au contraire à rectifier la légende dans un but différent et avec l’assentiment de Pierre Plantard qui le rejoignit sous le pseudonyme de Steven de Moncharville. J’ai obtenu ces documents d’un étrange personnage habitant la région nantaise et qui m’a ouvert une partie de ses archives. Or ces dernières enferment entre autres des correspondances et bulletins internes du Cercle Mérovée. Ce dernier arbore un Lys dans un cercle. Une devise est placée sous cet emblème: « Plus est en nous ! ». Les bulletins que j’ai consulté – de 1996 à l’année 2000 – sont consacrés à l’Histoire sacrée de France, au symbolisme et à la guerre occulte. Ils sont d’une grande tenue. Parmi la correspondance, il s’agit de lettres au contenu purement administratif. Je n’ai pas pour l’instant l’autorisation de publier quoi que ce soit mais je ne désespère pas de pouvoir le faire.
Le Cercle fut officiellement dissous à la mort de Pierre Plantard – cette dernière fut connue par les membres du cercle mais tenue secrète – Pourquoi lui redonner vie en 2005 et affirmer sa non existence en 2006 ? Qui était réellement Lucas de Yestrillas et Jacques Robert ? S’agissait-il de prendre contact avec d’anciens membres de ce cercle. En effet, à la mort de Pierre Plantard certains groupes semblèrent chercher à récupérer ses archives. Ne s’agissait-il pas d’un exemplaire de l’authentique Serpent rouge ? Un journaliste qui a enquêté sur la mort de Pierre Plantard nous a permis d’avancer dans notre recherche. Il est aujourd’hui à la retraite. Il travaillait pour un quotidien régional. Il devait faire un papier à la fin de l’année 2000 sur Pierre Plantard et l’affaire de Rennes-le-Château. Il réussit à s’approcher des membres de sa cour sans pour autant obtenir de révélations. L’entourage proche de Pierre Plantard n’était guère intéressant et lui-même préféra leur taire certaines de ses activités comme ses voyages en Espagne ou la création du Cercle Mérovée. Il réussit par contre à obtenir plus de renseignements d’un écrivain, qui avait consacré un livre à l’affaire de Rennes-le-Château il y a plus de 30 ans. Ce dernier avait d’ailleurs été approché au sujet du livre Le Serpent rouge par d’étranges individus se faisant passer pour des historiens. Il faisait plutôt penser à des membres d’une police parallèle. Il préféra ne rien publier. Il me montra son travail et certaines de ses archives dévoilant les véritables activités de Pierre Plantard en Suisse et qui l’avait formé. Cela donnera lieu à un nouvel article.

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