JUAN RAMIREZ LE MOUSQUETAIRE DE LA PEINTURE

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JUAN RAMIREZ LE MOUSQUETAIRE DE LA PEINTURE

Message  Admin le Ven 2 Mar - 17:42

mardi 20 février 2001


Le mousquetaire de la peinture
Sujets : Haut-Rhin, Art



Juan Ramirez avec son inséparable épée derrière une de ses dernières créations, « Sentiment bleu ».

Juan Ramirez, l’un des fils spirituels de Salvador Dali, crée ses tableaux à la pointe de son épée. Il sera le 24 février au Willerhof, à Willer-sur-Thur.

« Comme je suis un génie, j’affirme que Ramirez, comme moi gardera intact le mysticisme né en se perdant dans les labyrinthes sexuels » signé Salvador Dali.
« L’épée devient entre les mains de Juan Ramirez un outil de création et non de destruction » signé Miguel Ange Asturias. Quel plus beau viatique pour un artiste que ces citations de personnages exceptionnels ? Elles s’adressent à Juan Ramirez, peintre originaire des Canaries, qui a été adopté et protégé par Dali.
Hidalgo aux cheveux de jais malgré ses 65 ans, l’oeil inquisiteur, parfois tendre ou malicieux, spontané et chaleureux, une taille d’athlète, médiatique à souhait, Juan, mineur de fond dans les charbonnages de Belgique à la fin des années cinquante, a réalisé ses premiers chefs-d’oeuvre en s’enfermant en 1962 pendant 21 jours dans la grotte de Clamouse, du côté de Montpellier. Peignant à la lumière d’une lampe de mineur, le temps rythmé par l’eau gouttant des stalactites, environné de rats, ne dormant presque pas, il a créé 25 toiles qui ont triomphé à la galerie Cézanne à Paris sous le titre « Le Christ mineur ».

Si je me bats ce n’est pas contre des moulins à vents mais contre les mauvais marchands d’art
L’un de ces tableaux représentant Jésus crucifié sur un pic de mineur, casque et lampe sur la tête a, à l’époque, fait la une d’une partie de la presse française et internationale. « Invité au Canada pour présenter ces peintures je les ai vendues à un richissime médecin de Montréal. Grâce à cela j’ai connu pour la première fois l’aisance », nous explique-t-il dans un français hésitant.
À partir de là, avec la bénédiction et les conseils de Dali, il va dresser son chevalet et dégainer son épée à travers le monde, investir des galeries aussi prestigieuses que la galerie Rubens à Bruxelles ou Cézanne à Paris, devenir l’ami de Picasso. Il devient le Don Quichotte de l’art, le mousquetaire de la peinture. « Si je me bats ce n’est pas contre des moulins à vents mais contre les mauvais marchands d’art » s’exclame-t-il, le verbe haut, la passion ardente. Il possède, à l’image de son maître, un sens de la communication inné. C’est ainsi qu’en 1973 il s’est fait enfermer, pour donner suite à une commande de Paul Ricard, pendant 21 jours, temps de l’incubation d’un poussin, dans un oeuf en verre installé sous le pont d’Iéna. Il se souvient avec émotion de cette expérience : « J’étais comme un “coq en pâte” nombreuses étaient les personnalités à venir me voir au travail. Et puis il y avait surtout le délicieux canard cuisiné à la Tour d’Argent que Salvador Dali m’a apporté lors de ses visites ».
L’oeuf jeté sur une toile, comme point de départ d’une oeuvre, a souvent joué un rôle important dans la peinture de Ramirez. Ainsi, un jour a-t-il initié Jacques Chirac, alors maire de Paris, à cette technique. « C’était en 1979 lors du vernissage d’une de mes expositions. J’ai demandé à Jacques Chirac de jeter deux oeufs sur une toile vierge, ce qu’il a fait avec énergie, éclaboussant une partie de sa suite. Puis, d’un alerte coup de pinceau, il a étalé le blanc et le jaune. Je lui ai expliqué qu’avec une dizaine de leçons il pourrait faire carrière dans l’art surréaliste. Malheureusement pour lui, il n’a pas donné suite à ma proposition ».

J’ai demandé à Jacques Chirac de jeter deux oeufs sur une toile vierge, ce qu’il a fait avec énergie, éclaboussant une partie de sa suite
Dans son atelier de la cité des artistes, dans le 18e arrondissement de Paris, quand il n’est pas au Japon, aux USA ou dans un quelconque coin d’Europe, les grands du show-biz continuent de défiler, amis venant poser, simplement bavarder avec Juan ou admirer ses oeuvres. La peinture de Ramirez peut être anticonformiste et irrationnelle, fantasmagorique et onirique, tendre et aguichante, elle est souvent influencée par son admiration pour Picasso, Dali, Ernst, sans pour autant négliger l’héritage des impressionnistes. Si parfois elle enchante elle peut également déranger.
Au musée de Thann, Juan Ramirez, a été enchanté par son premier contact avec l’Alsace. Il reviendra le 24 février au Willerhof à Willer-sur-Thur. Il a été invité par ses amis thannois pour une soirée à laquelle participera également Éric Bami, qui depuis 25 ans, est le confident et le choriste de Johnny Halliday. A cette occasion, le peintre créera une toile de Johnny qui sera exposée au musée de Thann lors d’une exposition consacrée à la carrière et la vie du plus célèbre des rockers français. Cette exposition, si elle a lieu, pourrait se dérouler l’été prochain, à condition que certains détails matériels et d’organisation puissent être réglés.

Louis-André Maller

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